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Cette citation du fameux Albert à la langue bien pendue tombe, comme souvent, telle une épiphanie tant elle résonne avec ma pensée. Si vous vous souvenez de quelques-uns de mes articles précédents, vous ferez facilement le lien. Mais bref, ne parlons pas ici de moi, et analysons cette citation plus en détail. Attention, billet sérieux aujourd’hui…Premièrement, qu’entend ce bon vieux Albert lorsqu’il parle de succès et pourquoi ne conseille-t-il pas de le chercher ?
La recherche du succès en soit est dénuée à la fois de but concret et de notion de partage (vous avez le droit de prendre des notes). Elle paraît donc comme une quête vaine et égoïste. L’homme à la recherche du succès n’a pas d’idéologie et est donc propre à changer d’avis comme de chemise, ainsi qu’à faire passer son intérêt propre avant celui du groupe ou du projet.

Qu’est-ce qu’un homme de valeur, maintenant ?

On sait qu’Albert Einstein a fui l’Allemagne lors de la montée du nazisme (principalement pour des raisons de sécurité), puis a refusé de travailler sur le Projet Manhattan. Il écrira d’ailleurs à plusieurs reprises à Théodore Roosevelt, lui demandant de renoncer à LA Bombe. C’est son désir d’améliorer le quotidien et le statut de l’humanité qui le pousse dans ses travaux, au-delà de son amour pour la science.

Un homme de valeur a des objectifs concrets, ainsi qu’une éthique. Il travaille pour ses convictions et pour créer un environnement qui profitera à tous ceux qui partagent ses valeurs.

Méditer également cette autre citation de cet homme de grande valeur :
« Si vous ne pouvez pas l’expliquer simplement, c’est que vous ne l’avez pas suffisamment bien compris ».
Et vous ? Êtes vous une personne de valeurs ? Et quelles sont-elles?
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Temps de lecture: 4 min

Réussir à perdre du poids sans manger moins, c’est bien. Maigrir tout en pouvant s’enfiler des plâtrées de lasagnes, c’est encore mieux. Il suffirait pour cela d’ingérer un ver solitaire, qui se chargerait d’absorber toutes les calories ingérées. Pendant ce temps, la personne dans laquelle il loge pourrait s’empiffrer sans compter. Et voir sa ligne s’affiner. Pourtant, se débarrasser de quelques kilos grâce au ténia est une très mauvaise idée. Et elle ne date pas d’hier.

La pratique est née au XIXe siècle, à l’époque victorienne, quand les standards de beauté féminin valorisaient des femmes à la taille de guêpe, et ce à n’importe quel prix. Les femmes avalaient alors des œufs de ténia, le laissaient grandir en elles et maigrissaient sans effort. Sur Facebook, l'écrivain Alexandre Jardin, à la suite d'une drôle d'anecdote impliquant sa grand-mère et la maîtresse de son mari, a regretté la disparition de cette «folle liberté» d'évoluer dans une vie romanesque.

Pourtant, aujourd’hui, la méthode utilisée est toujours la même. Sur internet, il est facile de se procurer des œufs de ce genre. Même Khloe Kardashian y a pensé. Dans un épisode de «L’Incroyable famille Kardashian», elle émet l’idée d’héberger un ténia dans son intestin. Face au scepticisme de demi-sœur Kylie Jenner, on voit Khloe rétorquer: «Tu sais à quel point tu peux devenir maigre? J’ai regardé sur Google si je pouvais vraiment m’en procurer.»

Très vite, des carences et une sensation d’épuisement

Autant vous le dire tout de suite, Khloe n’a pas idée de ce qui l’attend. Miser sur un ténia pour éliminer les excès alimentaires est une très mauvaise idée. Philippe Godeberge, gastro-entérologue et auteur du livre Qu’est-ce que tu as dans le ventre, est formel.

«Déjà, c’est très dangereux. J’irais même jusqu’à dire que c’est une véritable folie. La personne risque de maigrir énormément. Dans tous les cas, elle s’expose à de grosses carences. Il faut bien s’imaginer que ver pompe tout le capital d’oligo-éléments de la nourriture consommée.»

Car si l’amaigrissement n’est pas garanti, l’épuisement, lui, ne se fait pas attendre. Fixé sur la paroi de l’intestin grêle grâce à ses quatre ventouses, le ténia devient adulte en seulement trois mois et voit son corps formé de petits s’allonger de plusieurs mètres. Danièle, qui habite à Bourges, en a souffert lorsqu’elle était adolescente.

«J’étais une jeune fille plutôt mince donc je dois dire que je n’ai pas remarqué de différence au niveau de ma corpulence. Mais j’étais extrêmement fatiguée, comme quand on s’assoupit à l’heure de la sieste. En temps normal, j’étais vraiment une adolescente débordante d’énergie. Là, je me sentais complètement vidée, comme en hypoglycémie. Je m’endormais en cours et mes parents pensaient que je faisais de l’anémie.»

« Je peux vous assurer que c’est la plaie d’évacuer ce truc qui n’en finit pas»

Ensuite, les effets secondaires sont nombreux. En plus des douleurs abdominales et des nausées, Danièle se souvient de détails peu ragoûtants: «J’avais de fortes démangeaisons au niveau de l’anus. Et je retrouvais toujours des sortes d’anneaux au fond de la culotte, qui ressemblaient à des nouilles. J’ai découvert plus tard que ce sont en fait là dedans que se logent les œufs du ténia.»

Pour s’en débarrasser, nul autre choix que de prendre un traitement à base de vermifuge et de le faire sortir de manière naturelle à la selle. L’opération peut-être impressionnante, le ténia mesurant parfois jusqu’à 10 mètres. Celui de Danièle n’en mesurait «que» 2 mais elle s’en souvient comme si c’était hier: «Je peux vous assurer que c’est la plaie d’évacuer ce truc qui n’en finit pas.» Et si la tête de l’animal n’a pas été rejetée, tout recommence à 0, puisque c’est elle qui fabrique les anneaux.

«Aujourd’hui, les vers ont toujours un potentiel marketing très fort»

Si le recours à un ver solitaire, malgré tout ce qu’il comporte de répugnant, ne s’est toujours pas éteint depuis le XIXe siècle, c’est peut-être parce qu’il a toujours une bonne image. À côté des compléments alimentaires chimiques, Philippe Godeberge trouve au ténia une image de produit «sain».

«Le recours aux vers est ancien dans la médecine. Déjà dans la pharmacopée chinoise, on ingérait des remèdes avec des vers déposés au fond du récipient. Aujourd’hui, ils ont toujours un potentiel marketing très fort. La publicité est axée sur le côté naturel, un peu médecine traditionnelle…»

Il effectue une recherche Google en anglais et tombe rapidement sur des sites de pharmacie en ligne russes ou australiens qui proposent des vers solitaires.

«Regardez, hop, je tape téniasis et je tombe sur un site de médecine ayurvédique. Il y a des huiles de massage et à côté des œufs de ténia. Mais impossible de connaître la provenance de ces produits. Viennent-ils du ténia d’autres humains, des humains peut-être en mauvaise santé? On ne sait pas.»

À côté de tous les inconvénients physiques, le ténia peut aussi altérer la santé mentale des malades. Difficile pour certains de continuer à vivre avec un être vivant –qui ne soit pas leur propre enfant– logé dans leur corps. Le gastro-entérologue constate régulièrement des dommages psychologiques chez les personnes qui le consultent.

«J’ai des patients qui ont fait des phobies. Quand on leur annonce qu’ils ont un animal dans le ventre, ils se sentent comme habités par quelque-chose d’autre et ne le supportent pas. Certains ont l’impression d’héberger un alien en eux.»

Le médecin insiste, la perte de poids n’est que provisoire. Peu de temps après que la bête a été délogée, la personne reprend rapidement des kilos et revient à son poids de départ. Finalement, c’est un coup d’épée dans l’eau et beaucoup de souffrance pour rien. À coté, une cure de jus détox ressemblerait presque à une partie de plaisir.

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